Samedi 5 avril 2008

Lundi soir au port de La Corogne, le ciel est gris et le vent présent. Nous préparons le bateau, faisons le plein d'eau et détachons les haussières du quai de la marina. Il est 19h et le moteur tourne dans une houle (parfois croisée) qui nous remet rapidement dans le "bain". Une fois l'embouchure atteinte, on lance les voiles.

 


Côme prend le premier quart de sommeil. Il est 22h et la nuit est très sombre de par le tapis nuageux au dessus du bateau. Les lumières de La Corogne nous éclairent encore un peu, on n'aperçoit déjà plus la Torres de Hercules qui domine la pointe maritime de notre dernière escale. Un feu vert accompagné d'un blanc un peu plus haut nous fait poser question durant près de 30 minutes… Il s'agit d'un bateau de pêche… Immobile !

Côme se lève fatigué (car n'ayant que très peu dormi), PE va se coucher. A la barre, on se succède à la barre avec tous les deux la même technique : 2 secondes d'attention, 2 secondes de vague surveillance et 10 secondes de sommeil rapidement stoppées par le bruit des voiles qui n'appréciaient que très peu le nouveau cap imposé, quoique par moment le bateau garde le cap tout seul et on se réveil "à la barre" les mains dans les poches. On tient jusqu'à 6h et le nouveau quart. Je vais me coucher jusqu'à 10h. A mon réveil, le soleil est présent et pas de vent (donc moteur), il m'est moins pénible de me lever que lorsqu'il s'agissait de prendre le quart sous la flotte dans une mer énorme (je ne sais pas pourquoi ^^).

Les quarts deviennent de moins en moins rigoureux pour trouver le rythme très agréable de 3 à 4 heures de barre nocturne, seul, ce qui permet aux autres de dormir par tranche de 6 à 8h.

Les journées sont occupées à lire sur le pont, sous le soleil, pilote en marche, à préparer à manger, faire sécher les fringues, le bateau, écouter de la musique au milieu des dauphins, regarder et prendre des photos du roitelet qui est venu prendre appui sur le haubanage du bateau… Dure vie !


Un soir, le soleil est proche de l'horizon, une brume de chaleur réduit la visi', une masse grise apparaît ! Elle grossit rapidement… Un cargo, pleine balle, proue droit sur nous… Ok, on prend une route perpendiculaire… Toujours cette @#%& proue… On fait demi-tour et regardons passer le cargo à 200 mètres de là… C'est que ça va vite c'est gros machins !

Les premières nuits sont illuminées par la cote espagnole, puis portugaise ainsi que par les dizaines de bateaux de pêche qui travaille dans l'obscurité. Les cargos se font très rares de par la proximité de la cote et notre volonté de ne pas chatouiller leurs rails. Parfois les dauphins s'amusent à nous surprendre dans la nuit, et le matin le soleil se lève radieux au dessus des falaises.

Le dos d'un probable rorqual sera aperçu le soir du mercredi préalablement annoncé par un souffle un peu différent de celui des habituels dauphins.

 

Le vent est avec nous oscillant nord/est, est, nord/ouest, nul obligeant notre conscience écolo à se résoudre à faire tourner le moulin. Dans la nuit de jeudi à vendredi (4 avril), le vent laisse le bateau et soufflote de façon à faire battre la GV et perturber le sommeil des dormeurs. On avance alors à 0,9 nœuds. On attend 0h30 pour démarrer le moteur au minimum (il ne s'agit pas d'arriver à Lisbonne de nuit quand même ^^).

 

Le matin, le soleil se lève sur la cote rocailleuse portugaise au dessus des falaises.

 


Après le doublement de deux cargos (ok, ils venaient de se mettre à l'encre) et 3 bonnes heures, on arrive près du pont de Lisbonne.

 


La Marina du Belém (après la tour du même nom) a l'air pas mal. On continu jusqu'à celle de Santo Amaro, juste après le pont. On se met à quai, on regarde, le pont fait un bruit terrible, pas de capitainerie de visible… On repart pour tester l'autre marina : Doca de Alcantara. Elle est beaucoup plus grande, des bateaux (voiliers et moteurs) partout, mais elle a l'avantage d'être la plus proche du centre ville. Une fois à quai, on fait le bilan : le pont est toujours bruyant, on a les atterrissages des avions de lignes, la voie ferrée, la route (pavée) et les docks de chargements de conteneurs. Top (mais ça va, c'est vraiment top) !

Il est midi, on vient de remplir les formalités du port, il fait chaud et le soleil tape. On installe le tau au dessus du bateau, on mange, on prend nos douches, on lave nos fringues et les faisons sécher sur les bouts du tau tendus un peu partout sur l'Avel Mor, au milieu des 40 et 50 pieds de luxe (Amel, X-Yatch…), renforçant encore ce petit coté Boat People ^^.

 


Côme découvre la joie de se sentir encore plus en vacances d'escale en escale.

Le soir, on file vers le centre ville, les rues et les maisons sont très jolies (pas mal de mosaïques), les portugaises montrent leurs seins (c'est vrai, il y a parfois plus de peau que de tissu) et le soleil sur la ville (très vallonnée) rend le paysage façon carte postale. On ne trouvera pas de connexion WIFI "gratuite". On se met doucement au portugais (disons qu'on sait maintenant commander 3 bières : "Trech chervechach"), mais on nous répond parfois en français. Quelques français, des flics et des gens partout dans les rues à partir de 22h…

On peut dire que cette première vue de Lisbonne est bien chouette !

Par MAT
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Samedi 5 avril 2008

Notre premier souci en arrivant à la Corogne aura été de faire sécher nos fringues, même celles emballées dans les sacs plastiques avaient pris l'humidité, l'ensemble du bateau (ce qui prendra 24h), toutes les mousses sont gorgées d'eau, voire plus, le coffre de la couchette bâbord contient 5 à 10 cm d'eau, les emballages en carton ont moyennement apprécié l'humidité et dégagent une odeur étrange. Après avoir signaler notre arrivée à la capitainerie pour obtenir les clefs des douches nous passons dans une phase douche/rinçage de cirés puis filons en ville nous abreuver et nous restaurer, on est bien content d'être arrivés.

La suite de l'escale se fera entre :

repos, lecture, balade pour découvrir la ville, la presqu'île est jolie mais le reste est un poil bétonnée et construit sans union, rencontre avec des français, un certain Michel, croisé à deux reprises (mais lui ne s'en souvenant apparemment pas) originaire de Nantes ou de Toulouse, en Espagne depuis 1 ou 8 ans, cherchant du travail ou étant videur dans une boite (l'histoire n'était pas la même à chaque fois…) mais aussi 2 retraités (Loulou et Roger), remontant l'Amel de 40 pieds du premier à Arzal, qui nous ont offert le whisky…

 


 

On se met sans souci à l'horaire espagnol, voir plus, nos déjeuner se déroulent vers 18-19h.

Sinon la ville est sympa, on croise pas mal de gens dans les rues, en famille (même le soir), c'est plutôt convivial.

Au final on profitera pendant 5 jours de cette escale bien tranquille, sous le soleil et sur l'air de "société tu m'auras pas".

Voila pour cette première escale.

Côme pour le reste de l'équipage en folie.

Par Come
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Vendredi 28 mars 2008
On est samedi 22 mars, la fenêtre météo attendue est correcte (sans plus, un "petit" coup de vent de nord-ouest est annoncé pour demain mais "normalement" suivi d'un temps plus "clément") et le départ est prévu. On démarre le moteur, sort les voiles, part du port, monte les voiles, bouffe de la mer, le 2eme ris est lancé puis le 3eme… On est toujours dans la baie de Morgat ! Ok, on rentre ! Ce fut bref… Mais intense.

On va prendre un verre en regardant la météo en attendant que le vent se calme. On part finalement vers 22h sans trop de problème. Le roulement des quarts ne change pas. Côme commence. Dimanche matin : exercices changement de voile (le vent est plutôt… inconstant).

A midi, le sport commence. On réduit les voiles mais la houle énorme et du vent force 8 avec des rafales à 9. On finit au tourmentin seul (petite voile avant) à près de 7 nœuds de moyenne en subissant les vagues (le gilet automatique de Côme se déclenchera sur Mat sous l'effet d'une grosse vague).

Le mode lavage est enclenché, on attend l'essorage/séchage avec impatience… en vain ! Moche. La salopette de Mat n'est pas étanche et il finit avec un sac poubelle sur le cul et un pantalon de pluie sous sa salopette.

Le cap plein ouest ne sera quasiment jamais atteint, on dérive plus sud/ouest mais bon, on avance. Le troisième ris et le tourmentin seront la "garde-robe" la plus employée. A partir de lundi, on commence à croiser des cargos. Les rôles de chacun commencent à se dessiner. PE et son estomac d'acier est sollicité pour la cuisine, les points GPS (tout ce qui se fait de l'intérieur du bateau), Côme pour les décisions importantes et pour manger la soupe, Mat pour tout ce qui se fait dehors (il ne supporte pas d'être dedans) et barre la moitié de la journée. A ce jour, Côme et Mat n'ont que très peu mangé.

Le mardi on croise de plus en plus de cargo, le temps n'est toujours pas top. On navigue de grains en grains, de rafales en accalmies, de porte-conteneurs en supertankers titanesques. Mardi soir, le vent tourne, la météo annonce du gros temps, Côme et PE décident de virer vers la Corogne (avant le Cap Finisterre). Vers 23h, PE et Mat sont dehors et voient arriver un orage. Des éclairs tombent un peu tout autour de nous. En 10 secondes, le ciel devient noir, une pluie torrentielle tombe sur le bateau et un vent de malade suit le tout. L'écoute de la grand-voile se dépasse de la poulie sous l'effet du vent. Après 15 minutes, ça se calme… Mais les orages se succèdent jusqu'à 8h. Vers 10h, Côme est à la barre, PE à la cuisine, Mat au dodo. Côme voit le bateau se lever par l'arrière, une vague gigantesque lance le bateau dans un surf de plus de 8 secondes (et pour ce bateau c'est un record…) : "Mais quand est-ce que ça s'arrête ?"

Le mercredi sera la journée de légère euphorie… On arrive ! (Ok pas à l'endroit prévu mais quand même !). La houle est toujours importante et le vent plutôt inconstant et plein vent arrière. Résultat : encore 10h de moteur sous tourmentin ^^ (pour garder de la manoeuvrabilité dans la houle). On arrive sur la Corogne. On se voit déjà avec le soleil, les petites espagnoles qui nous attendent sur le quai… On aura finalement du vent, de la houle, de la pluie, pas de carte*, du froid et un espagnol de la quarantaine qui nous indiquera le quai. Bon, tant pis, on est arrivé.

* on a toute la cote hispano-portugaise de Gijón à Gibraltar sauf celle entre la Corogne et un cap au nord de Camarinas… heureusement que nous avions cette bible du marin qu'est le Bloc Marine dans lequel il y avait toutes les infos nécessaires pour notre arrive.

Moi la mer elle m'a pris, au dépourvu tans pis. J'ai eu si mal au cœur sur la mer en furie, qu' j'ai vomi mon quatre heures et mon minuit aussi. J' me suis cogné partout, j'ai dormi dans des draps mouillés, ça m'a coûté ses sous, c'est d' la plaisance, c'est le pied !

BILAN :
- le bateau a bouffe de l'eau autant que nous (on a épongé 10 cm d'eau au fond des coffres).
- plus de 400 miles en 92h de nav'.
- les raviolis bolo' ont été très sollicité.
- le coussin sous les fesses du barreur a été adopté.
- les réparations de la barre ont été bien faites et utiles !
- le lait de soja ne se conserve pas bien.

Les bêtes noires de chacun :
- Côme : les morceaux dans la soupe, surtout pour son estomac…
- Mat : l'humidité (à ce point ça s'appelle mouillé) et être à l'intérieur.
- PE : les cargos.
Par MAT
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Samedi 22 mars 2008

Mercredi 12 mars, nous nous retrouvons enfin tout les trois pour les prémices du grand départ, JC et Gildas nous rejoignent à Tréguier pour une soirée à thème : "Henaff and Rum", juste histoire d'amariner JC… Apres cette soirée bien arrosée, on passe notre jeudi entre courses et bricolage. Puis à la vue d'une fenêtre météo qui semble favorable, nous décollons à minuit dans la nuit avec comme objectif l'Aber Wrach dans le nord Finistère.

Le début de la nuit est plutôt folklorique, Grand Voile (GV) deux ris et tourmentin, la mer assez hachée (vent contre courant) retourne les estomacs (à part celui en béton de Piem) et le font de l'air est assez  froid avec un vent de SW ne dépassant pas force 5 contre (6-7 annoncé). Côme et Matthieu feront le premier quart, Piem et JC (resté pour le convoyage) prennent la relève vers 4-5 heure puis les quarts s'enchaîneront toutes les 6h de façon à peu près régulière. Le vent continuera de mollir toute la journée et en début d'après midi nous sommes à 20 miles au nord de l'île de Batz avec GV pleine et génois lourd. En fin d'après-midi le moteur sera même mit en route pour pallier au manque de vent.

conv_come.jpg

Avec la nuit le vent reviendra encore, plein sud ce qui ne nous arrange pas forcement et la toile sera réduite (2 ris+foc, avec le moteur en soutient pour faire du cap).

con_mat.jpg

Vers minuit nous sommes en face de l'Aber Wrach et choisissons de pousser un peu plus loin jusqu'à l'Aber Ildut pour profiter des courants favorables.

L'arrivée se fera sans soucis quoi que un peu délicate à cause du faible éclairage du balisage. Sur les coups de 9h et après 4h de sommeil nous repartons comme en 14 direction Crozon la fin du chenal du four sera un poil clapoteux  et l'arrivée au soleil et au portant sera très agréable.

 

Bilan : Tréguier à Crozon : 120 miles environ, 35h dont 5h d'arrêt à l'Aber Ildut.

 

Côme pour Tina Vire et Vanessa Rive (Mat).

Par Come
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Vendredi 21 mars 2008

Le bateau est un Aloa 29 (8m70) de 1978, c'est un bateau très confortable pour sa taille mais pas très véloce au près.

Voici une présentation rapide du parcours :

Crozon à Lisbonne à Maroc à Les Canaries à Madère à Les Acores, retour prévu mi/fin juillet. Pas vraiment de programme figé, en gros on a prévu deux ou trois semaines par "escale".

Ceci est le parcours initial, alors si vous arrivez à lire vous verrez que l'on est déjà plus dans les dates, la faute à la mère Theo et puis l'inverse aurait été surprenant…

  parcours2.jpg

On va donc continuer à regarder le ciel, bien au chaud au "relais des pêcheurs" (bar du port de Morgat) à la recherche de quelques jours de beau temps pour pouvoir partir. D'ailleurs une fenêtre se profile pour ce week-end.

Pour ceux que la météo intéresse je vous conseille le site de UGRIB, un petit logiciel à télécharger pour lire les fichiers météo en .grib, assez fiable (plus que météo France) et gratuit. Sinon vous pouvez aller sur le site météo de NOAA (National Oceanographic and Atmospheric Administration, agence américaine responsable de l'étude de l'océan et de l'atmosphère).

 

Pour ceux qui veulent nous écrire par mail il n'y a pas de souci sinon pour les vraies lettres c'est au Café Sport chez Peter dans le port d'Horta sur l'île de Faial, le bar mythique des acores qui fait poste restante.

 

Voili voilou pour les premières infos,

Amusez vous bien,

Côme pour les trois rigolos.

Par Come
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  • : Voyage à la voile sur l'AVEL MOR, voilier de 1978 de type ALOA 29. Escales prévues à Lisbonne puis cote marocaine puis Canaries puis Madère et enfin Acores avant notre retour prévu pour fin juillet en métropole.
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