Lundi soir au port de La Corogne, le ciel est gris et le vent présent. Nous préparons le bateau, faisons le plein d'eau et détachons les haussières du quai de la marina. Il est 19h et le moteur tourne dans une houle (parfois croisée) qui nous remet rapidement dans le "bain". Une fois l'embouchure atteinte, on lance les voiles.
Côme prend le premier quart de sommeil. Il est 22h et la nuit est très sombre de par le tapis nuageux au dessus du bateau. Les lumières de La Corogne nous éclairent encore un peu, on n'aperçoit déjà plus la Torres de Hercules qui domine la pointe maritime de notre dernière escale. Un feu vert accompagné d'un blanc un peu plus haut nous fait poser question durant près de 30 minutes… Il s'agit d'un bateau de pêche… Immobile !
Côme se lève fatigué (car n'ayant que très peu dormi), PE va se coucher. A la barre, on se succède à la barre avec tous les deux la même technique : 2 secondes d'attention, 2 secondes de vague surveillance et 10 secondes de sommeil rapidement stoppées par le bruit des voiles qui n'appréciaient que très peu le nouveau cap imposé, quoique par moment le bateau garde le cap tout seul et on se réveil "à la barre" les mains dans les poches. On tient jusqu'à 6h et le nouveau quart. Je vais me coucher jusqu'à 10h. A mon réveil, le soleil est présent et pas de vent (donc moteur), il m'est moins pénible de me lever que lorsqu'il s'agissait de prendre le quart sous la flotte dans une mer énorme (je ne sais pas pourquoi ^^).
Les quarts deviennent de moins en moins rigoureux pour trouver le rythme très agréable de 3 à 4 heures de barre nocturne, seul, ce qui permet aux autres de dormir par tranche de 6 à 8h.
Les journées sont occupées à lire sur le pont, sous le soleil, pilote en marche, à préparer à manger, faire sécher les fringues, le bateau, écouter de la musique au milieu des dauphins, regarder et prendre des photos du roitelet qui est venu prendre appui sur le haubanage du bateau… Dure vie !
Un soir, le soleil est proche de l'horizon, une brume de chaleur réduit la visi', une masse grise apparaît ! Elle grossit rapidement… Un cargo, pleine balle, proue droit sur nous… Ok, on prend une route perpendiculaire… Toujours cette @#%& proue… On fait demi-tour et regardons passer le cargo à 200 mètres de là… C'est que ça va vite c'est gros machins !
Les premières nuits sont illuminées par la cote espagnole, puis portugaise ainsi que par les dizaines de bateaux de pêche qui travaille dans l'obscurité. Les cargos se font très rares de par la proximité de la cote et notre volonté de ne pas chatouiller leurs rails. Parfois les dauphins s'amusent à nous surprendre dans la nuit, et le matin le soleil se lève radieux au dessus des falaises.
Le dos d'un probable rorqual sera aperçu le soir du mercredi préalablement annoncé par un souffle un peu différent de celui des habituels dauphins.
Le matin, le soleil se lève sur la cote rocailleuse portugaise au dessus des falaises.
Après le doublement de deux cargos (ok, ils venaient de se mettre à l'encre) et 3 bonnes heures, on arrive près du pont de Lisbonne.
La Marina du Belém (après la tour du même nom) a l'air pas mal. On continu jusqu'à celle de Santo Amaro, juste après le pont. On se met à quai, on regarde, le pont fait un bruit terrible, pas de capitainerie de visible… On repart pour tester l'autre marina : Doca de Alcantara. Elle est beaucoup plus grande, des bateaux (voiliers et moteurs) partout, mais elle a l'avantage d'être la plus proche du centre ville. Une fois à quai, on fait le bilan : le pont est toujours bruyant, on a les atterrissages des avions de lignes, la voie ferrée, la route (pavée) et les docks de chargements de conteneurs. Top (mais ça va, c'est vraiment top) !
Il est midi, on vient de remplir les formalités du port, il fait chaud et le soleil tape. On installe le tau au dessus du bateau, on mange, on prend nos douches, on lave nos fringues et les faisons sécher sur les bouts du tau tendus un peu partout sur l'Avel Mor, au milieu des 40 et 50 pieds de luxe (Amel, X-Yatch…), renforçant encore ce petit coté Boat People ^^.
Côme découvre la joie de se sentir encore plus en vacances d'escale en escale.
Le soir, on file vers le centre ville, les rues et les maisons sont très jolies (pas mal de mosaïques), les portugaises montrent leurs seins (c'est vrai, il y a parfois plus de peau que de tissu) et le soleil sur la ville (très vallonnée) rend le paysage façon carte postale. On ne trouvera pas de connexion WIFI "gratuite". On se met doucement au portugais (disons qu'on sait maintenant commander 3 bières : "Trech chervechach"), mais on nous répond parfois en français. Quelques français, des flics et des gens partout dans les rues à partir de 22h…
On peut dire que cette première vue de Lisbonne est bien chouette !
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